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May.
14
2009

TICE et Littérature - De l'autobiographie au blog

Posted by: LE BAUT Jean-Michel

"Je forme une entreprise

qui n’eut jamais d’exemple

et  dont l'exécution

n'aura point d'imitateur."

 

JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Confessions

1782

 

 

 

 

 

 

 

Le blog relève par nature de l’écriture de soi,

 il est l’héritier de ce genre littéraire dont Jean-Jacques Rousseau a construit le modèle,

le spécialiste de l’autobiographie, Philippe Lejeune, s’y est d’ailleurs aussi intéressé.

Les lycéens d’i-voix ont tenté de rappeler au blog ce qu’il doit à la littérature.

Enrichi par des lectures variées

(de Jean-Jacques Rousseau à Nathalie Sarraute

en passant par Annie Ernaux et Georges Perros),

chacun a essayé d’écrire ce qui pourrait être l’incipit de son autobiographie,

de résoudre à sa façon les problèmes que se pose tout autobiographe

commençant son récit :

pourquoi raconter sa vie 

par où commencer 

comment dire je 

 

 Voici quelques exemples :

 

 

A LA VOLETTE

 

 

Un enfant, c’est curieux.

Une fille, ça aime la salle de bain.

Une vie, c’est dangereux.

Trois vérités acquises auxquelles « je »n’échappe pas.

Unimmeuble paumé dans la ville Brestoise. Une salle de bain paumée danscet immeuble urbain. Une armoire paumée dans cette salle de bain defaux marbre. Des petits ciseaux paumés dans cette grande armoireblanchâtre.

Unepetite tête brune d’une année et demi de vie, quir egarde, intriguée,le « moi » reflété par le miroir de l’armoire. Curieuse, « je »veuxvoir derrière le reflet de « moi », ce qui se cache dans le meublefroid, sans doute fourré de multiples bidules multicolores jolis àregarder.

Problèmescientifique du rapport ergonomique de la base inférieure à la hauteurdu meuble. Problème économique dans le choix spécifique des mauvaismatériaux composant le meuble. Problème social lors de l’élaborationdans un pays lointain de la fixation discutable du meuble.

Tantde problèmes mondiaux qui tombent sur la petite tête brune comme lefait l’armoire blanche, outrée que la petite ait voulu regarder au-delàdu reflet, à la recherche d’autres bricoles.

Sila main maternelle rattrapa de justesse l’armoire avant qu’elle ne rayece petit « moi » de la multiple chaîne des « je » alentours, les petitsciseaux, eux, prirent leur envol, à pic, becs pointus en premier. Miniépée de Damoclès adaptée à la taille de « je ».

Vlan,en plein dans le mille frontal de la petite tête brune. Oscar dumeilleur film d’épouvante, un flacon de lotion quelconque vientajouter, à la volette, sa couleur violette au milieu du front sanguinolent et des petitesl armes sans doute présentes.

Plus de mal que de peur,pardon, plus de peur que de mal, trois petits points de suture saturés, Trois petits cochons lus dans la soirée.

Aujourd’hui,quatorze années après avoir exagérément serré la main à la Mort, unepetite peur reste logée dans le coin inférieur de l’âme.

J’aipeur, qu’un jour, au détour d’un miroir pensif, le reflet de « moi »n’appartienne plus à la réflexion de ce miroir. Que sur ce tableauréfléchi, ne figure plus que l'environnement extérieur, sa vacuité etmon absence.

J’aipeur, également, de rouvrir l’armoire. La mienne. De pousser la portedes apparences. Et que derrière, à l’intérieur, dans l’obscurité desétagères, ne demeure que le vide.

J’ai peur, et pourtant.

          Pourtant.                                                                                                

(FIONA - BREST)

 

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UN PUZZLE PARMI TANT D'AUTRES

 

REVELATION

 

Ilétait un après-midi de plein été quelconque. J’étais devant de lafenêtre en observant les gens qui passent là-bas dans la rue. Toussemblaient ainsi heureux. Aussi même j'étais loin d'eux, je pouvaisvoir la joie dans leurs yeux. Je pouvais entendre une musique légère,joyeuse. J'avais compris qu'elle était le symbole de ce bonheur là quise dégageait dans la rue. Et moi, j’étais ici, dans ma chambre, le mêmelieu oùje me trouve maintenant à raconter cette histoire. Et je merends compte que de ce jour là rien a changé dans moi. Ici dans machambre on respire la même atmosphère qu’il y a trois ans. Le silencecouvrait touts les bruits, les coupsde marteau, les froufrous qui pourla première fois dominaient ainsi distinctement mon cerveau, qui setrouvait emprisonné en mon crâne comme un secret gardé dans un boite enferre. Je l'ai dit, il était la première fois que j’étais soumise à lecontenu de ma tête si clairement et il ne attendait d'autre que sortirdans ma conscience. Il était un période dans le quel j'étais à peinesuperé événements difficiles. Mais j'avais encore un pressentiment,comme si le pire n’était encore passé. En effet le temps ne me donnaitpas même pas la chance de refléter sur ca. Le téléphone a sonné. Voilàla notice de ma mère qui avait à peine eu un grand accidentautomobilistique. Alors c'était plus facile comprendre tout. Le tempsm'avait préparée en avance à ca, non seulement à cet accident, mais atout ca qui m'attendait dans ma vie. Ce jour d'été là a été trèssignificatif dans ma vie. Il a marqué quelque chose, je ne sais pas lebien expliquer, mais il a marqué le moment d'une réalisation imprévue,soudain, d'une révélation de quelque chose sur la quel je n'avaisréfléchi jamais. C'est comme si j'avais eu une épiphanie commecelles-là des personnages de Joyce que j'ai étudié. Tout m’était clairmaintenant. La musique joyeuse là bas dehors, le silence ici dans machambre, celle-là qui est devenue le lieu préféré des pansementsnégatifs qui se sont installés dans moi. Vous ne devez pas préoccuperpour ma mère, aujourd'hui elle est dans la cuisine qui me prépare ledéjeuner. Mais ce jour-là m'a quitté lebrouillard qui se trouvaitdevant mes yeux. Ce jour-là a marqué le moment dans ma vie dans le quelj'ai compris que la vie ne saurait été en rose, ce jour-là a été leréveil de un monde fait en rêves, il a été l'entrée gratuit à une viedésenchantée, où il faut abandonner chaque espoir dehors. Voilà lapremière page de mon histoire, une page riche de négativité, de, maisc'est la juste manière de commencer une histoire négative qui raconteune vie que il faut la lire dans une optique autant négative.

 

(Elena - Livorno)

 

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